Crash sur glacier

 Crash sur glacier

Mésaventure sans trop de conséquences et conseil de discipline

En mars 1991, j’ai fait quelques atterrissages sur le glacier de St Sorlin. 

Ensuite, je me suis dirigé vers la partie à droite ou j'ai fait un atterrissage juste sous le pic de l'étendard. J’étais seul à bord comme souvent.

En décollant, je suis passé sur une crevasse que je n’avais repérée, ni en faisant la reconnaissance, ni en me posant.

C’était une petite crevasse comme une marche d’escalier faisant une différence de hauteur d’environ 30 cm. 

Les skis se sont bloqués dedans et l’avion a basculé sur le dos.

J’ai dû casser la verrière pour sortir, je n’avais aucune blessure.

J’ai pu constater que l’avion avait fait une glissade sur le dos sur plus de 30 mètres. Les dégâts se résument à, outre la verrière , 2 skis cassés et une charnière de dérive légèrement faussée. L’hélice n’avait aucun dommage.

Comme on n’est jamais vraiment seul en montagne, un avion est venu me secourir, à 12h15 j'étais au Versoud où j'informais la TWR de «  l'incident »

La gendarmerie des transports aériens, la GTA de St Geoirs ayant été prévenue, elle s’est déplacée en hélicoptère le jour même pour faire un constat.

Il fallait rapidement sortir l’avion de ce glacier avant que le vent ne se lève, souvent violent à cette altitude sinon il serait détruit, et disséminé.

Des pilotes sont venus me prêter main-forte pour pouvoir dès le lendemain, remettre l’avion dans sa position habituelle. La solidarité des gens de la montagne n’est pas un vain mot :  se sont déplacé entre autres: Fernand Dupelet (Duduch), Robert Laplace, Roland Roc, C. Hoyau, Robert Coissieux,  Henri Giraud, etc. Plus de 8 personnes.  La liste n’est pas exhaustive.

Henri Giraud m’a apporté une paire de skis que j’avais en double, le moteur décapoté, la cabine nettoyée. Moteur tournant, toutes les vérifications ont été effectuées. La gouverne de direction a été inspectée de près. Quant à la verrière, je m'en suis passé en m'équipant d'un passe-montagne.

A 15h00 j'ai décollé l'appareil sans aucun problème et me suis reposé immédiatement au col des Quirlies, 200 mètres plus bas. Nouveau contrôle et j'ai redécollé pour le Versoud où je me suis posé vers 15h30.

Apparemment, j’avais fait les choses en règle puisque la GTA était venue sur place,  c’était sans compter sur le zèle du commandant d’aérodrome, monsieur Rault,  qui a demandé une expertise de l’avion, laquelle a été faite par l’ARPA, l’ancien atelier aéronautique du Versoud, expertise transmise à la DGAC indiquant que l’avion avait des dégâts estimés à plus de  30%.

Cela m’a valu une convocation au "conseil de discipline des navigants non professionnels de l’aéronautique civile » siégeant à Aix-en-Provence sous le motif suivant :

« Le 11 mars 1991, décollage du glacier de St Sorlin sans autorisation, suite à un accident, avec un avion inapte au vol »

Entretemps, j’ai fait expertiser ma machine par le Bureau Véritas qui lui,  n’a constaté que 7% de dégâts. 

En outre, j’ai eu le témoignage des pilotes venus m'aider, qui en leur qualité de constructeurs amateurs, ont pu certifier que la remise en état avait bien été faite sur place,  en bonne et due forme pour permettre un retour en vol en toute sécurité. 

Au vu de ces derniers rapports, le conseil de discipline (dans sa grande sagesse) a conclu que j’avais bien respecté les règles en avisant la TWR qui elle même a avisé la GTA et en faisant les réparations ad hoc, les dégâts pouvant être considérés comme mineurs pour entreprendre un vol après réparation provisoire.

Le conseil convient de mettre en évidence la difficulté pour les agents de l'Aviation Civile chargés de conduire l'enquête de première information de respecter le termes de l'instruction N° 300 IGAC/SA du 3.6.57 lorsque l'accident se produit en montagne sur un site accessible par des moyens aériens faute de disposer des titres et qualifications nécessaires mais également des moyens. L'appareil est resté sur le site durant 27 heures sans que ces services n'aient pu intervenir.

« Classé sans suite pour l'intéressé »Notification en date du 17 février 1992.(11 mois plus tard)

Armand Comparet pilote montagne AFPM

article reçu pour publication dans mon cours: "Vol Montagne" et le bulletin de l'AFPM

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