Altiport - Altisurfaces - Glaciers

LES ALTIPORTS

Ils sont au nombre de six dans les Alpes : Megève, Méribel, Courchevel, à l’Alpe d’Huez : l’altiport Henri Giraud, La Motte Chalencon, Corlier , un dans les Pyrénées : Peyresourde.

Ils sont de plus en plus fréquentés, y compris par l’aviation générale pour laquelle ils ont été crées.

L'atterrissage y est généralement gratuit, très cher à Courchevel l'hiver du 15 décembre au 15 avril (monomoteur ou ULM). Mais pour ce prix, vous avez droit à un contrôle AFIS et une piste déneigée en permanence.

Courchevel est certainement celui qui a le plus répondu à sa vocation avec des lignes régulières venant de Paris et d’Autriche avec des avions de bonne capacité, Twin Otter biturbine ou Dash 711 quadriturbine. Il est toujours fréquenté par de nombreux avions d’affaires monomoteurs, bimoteurs ou biturbines et même petits jets.

Depuis que la piste a été portée de 350 à 535m les accidents y sont au moins aussi fréquents … ! Ce qui tend à démontrer que c'est l'environnement montagne et non la distance d'atterrissage qui est déterminante. La difficulté c’est l’environnement. La réussite c’est une approche correcte dans les règles de l’art, ça ne s’improvise pas, surtout quand l’atmosphère n’est pas parfaitement calme.

Les procédures "arrivée- départ", fréquences radio et tous renseignements utiles sont dans les cartes V.A.C. ou Jeppesen.

Un altiport est un aérodrome à usage restreint, d’où nécessité d’une autorisation de site ou d’une qualification montagne. Il est sous la responsabilité d’un exploitant, (ce qui n’est pas le cas des altisurfaces). Il dispose d’une route d’accès et d’une ligne téléphonique.



L’Altiport Henri Giraud à l’Alpe d’Huez. 448 m. L’Altiport de Megève 434 m.

Certaines altisurfaces ont des caractéristiques d’altiport, mais ne remplissent pas toutes les conditions d’homologation : Valloire et Tignes sont de belles plates-formes avec hangar mais Tignes par exemple n’a qu’un chemin d’accès et Valloire ne respecte pas les hauteurs minimales de survol de route dans l’axe d’atterrissage.







L’altiport de La Motte Chalencon dans la Drôme 534 m. L’altiport de Peyresourde – Pyrénées 335 m.

Un altiport au milieu des champs de lavande.
















altiport de Méribel 406 m. photo jc Roumilhac  /        L’altiport de Corlier dans l’Ain 333 m.













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L'altiport de Courchevel , 573 m. Dommage que la taxe d'atterrissage l'hiver soit dissuasive. (photo Adam Shaw)
De petits jets d'affaires s'y posent ainsi que des avions quadriturbines Dash-7 de 54 passagers







Fréquence radio des altiports :

Megève : 132.05 - Meribel : 118.75 -
Courchevel : 120.075 -

L’Alpe d’ Huez, altiport H. Giraud : 120.60

Les autres altiports utilisent la fréquence montagne 130.00


LES ALTISURFACES

Les altisurfaces sont des terrains sommairement aménagés. L’atterrissage s’y fait dans un sens, à contre-pente, et le décollage dans l’autre. La notion d’altitude pour désigner une altisurface n’est pas prépondérante, il est tout à fait envisageable d’en créer au bord de mer, pourvu que soit respecté une pente d’atterrissage.

Ces sites sont répertoriés dans les AIP (aeronautical information publication) disponibles dans les bureaux de piste ou dans le "guide du pilote": Alpes et Massif Central et celui des Pyrénées. Ouvrages anciens de Robert Barrier. Y figurent les coordonnées géographiques, altitudes, dimensions, quelques renseignements sur la nature du sol et les organismes à contacter pour des informations sur l'état de l'aire d'atterrissage. Cependant, ces guides ne sont pas actualisés. Il est impératif de vérifier l’accessibilité des sites mentionnés. Les mises à jour peuvent être obtenues sur le site de l’AFPM, association française des pilotes de montagne. «  www.afpm.fr « 

Les évolutions sont régies par les règles de vol en montagne que nous allons préciser. Certaines altisurfaces ne sont praticables que sur skis, d'autres sur roues seulement. Les glaciers eux ne se pratiquent évidemment que sur skis et qu’en hiver quand ils sont bien enneigés. L’été, de nombreuses crevasses sont apparentes et la surface de la glace est jonchée de cailloux.

La plupart des altisurfaces sont ouvertes à la circulation aérienne. La création d’une altisurface fait l’objet d’un dépôt de dossier en préfecture qui implique des enquêtes de différents services : mairie, gendarmerie, aviation civile, police aux frontières, armée et douanes…. !

De nombreux aérodromes privés ont des «caractéristiques d’altisurface ». Pour ceux-ci, une autorisation d’atterrissage doit être demandée au propriétaire, lequel doit aviser la préfecture avant votre atterrissage. L’ouverture d’un aérodrome privé est simplifiée, aucune contrainte aéronautique n’est imposée. Ce qui explique que l’école y est interdite, les dégagements de sécurité n’étant pas garantis.

Si un instructeur et son élève veulent y aller «à titre privé », l’instructeur devra être en place gauche.

Le créateur de l’altisurface n’est pas responsable de l’entretien du terrain.

L’utilisation d’une altisurface se fait sous la seule responsabilité du pilote qui doit se renseigner avant le départ et en vol lors d’une reconnaissance de son accessibilité. La plupart sont accessibles en toutes saisons, d’autres ne sont praticables que roues ou que sur skis.

Les altisurfaces ont toutes des caractéristiques différentes, de longueur et largeur, de pente, de forme du terrain. Plus de 80 sites (altisurfaces ou aérodromes privés) sont répertoriées. Pour chacun, l’AFPM édite une fiche disponible sur le site dans les pages réservées aux membres à jour de leur cotisation, ou sur cd-rom. Des vidéos de reconnaissances de sites sont également disponibles sur cd-rom.


















Fiche AFPM : altisurface de Oulles en Dauphiné

Le Lac Fourchu en été et en hiver. L’une des altisurfaces les plus « pointues ». 200m de long dont 150 réellement utilisables. 30% de pente en entrée de piste et un chemin qu’il faut sauter pour ne pas y laisser le train. Piste fermée aujourd’hui malheureusement. Il fallait arriver sur le lac en rase motte, avec de la vitesse...mais pas trop !









La Croix-Rozier dans l’Est de Roanne. 220 m  (fermée aujourd'hui)

St Roch Mayères, une altisurface exceptionnelle,face au Mont Blanc et à côté d’un refuge ouvert tout l’été








Un autre à 10 mn de marche est ouvert aussi en hiver

Le refuge de St Roch et un panorama exceptionnel sur le Mont Blanc.
Altisurface de Val Thorens
au milieu des pistes

LES GLACIERS

Atterrir sur un glacier est pour la plupart des pilotes avion comme la quête du Saint Graal ! Entrer dans le domaine de la haute montagne… quoi de plus grisant…. ! Quitter la vallée, se poser et pique-niquer , après un vol court , sur la neige des glaciers entre 3000 et 3500m avec devant soi un panorama d’une beauté incomparable est un réel privilège.

Ce magnifique privilège fait l’objet de la « qualification montagne avec extension neige » Les passagers néophytes en gardent un souvenir inoubliable.












Le Glacier d’Argentière dans le Massif du Mont Blanc. Des séracs impressionnants, de grandes murailles de rochers, un panorama exceptionnel. On s’y pose généralement tout en haut, et ici sur la photo juste sous le refuge d’Argentière situé sur la moraine rive droite du glacier 50m plus haut. Evitez absolument de le survoler, quand il fait beau, jusqu’à 140 randonneurs par jour viennent s’y reposer avant ou entre deux courses.

Les glaciers sont une masse de glace couverte en hiver d’une couche de neige plus ou moins épaisse. Ils n’existent qu’à des altitudes au-delà de laquelle la neige ne fond pas, ou peu., c’est à dire 2 500 à 3 000 m en Europe. La glace est de la neige ancienne transformée, tassée, condensée. La densité de la neige augmente de plus en plus au fil du temps. Elle devient « névé » lorsque sa densité atteint 550 à 700 kg/m3 et 917 kg/m3 à l’état de glace vive. Il faut 5 ans de névéification pour que la neige devienne glace.

A l’époque glaciaire, 30% des continents étaient recouverts de glace. Le glacier du Rhône s’étendait jusqu’à Lyon, avec des épaisseurs de plus de 1 000 m.

La masse de glace s’écoule régulièrement comme un torrent figé. Seuls les repères placés par les glaciologues permettent de mesurer cette vitesse d’écoulement dépendant de la pente du terrain. Les glaciers sont des monstres qui bougent vite : quelques centimètres à quelques décimètres par jour, et dans les zone de forte pente, plusieurs mètres par jour. Les mouvements de terrains provoquent des cassures dans la glace, ce sont les crevasses et séracs qui régulièrement se détachent et dévalent plus bas dans une chute imprévisible qui englouti occasionnellement les alpinistes. De l’observation du glacier dépendra le choix de l’itinéraire le moins risqué.

Chaque glacier a ses caractéristiques propres. Seule une pratique régulière en école peut permettre de s’y aventurer avec un minimum de risques.

Vous avez atteint le domaine de la «haute montagne » avec facilité, mais les difficultés demeurent présentes, la raréfaction de l’air provoque des phénomènes d’euphorie. (Cela peut expliquer le comportement de certains pilotes cherchant à réaliser des «exploits personnels).

Les performances de votre appareil sont de plus en plus modestes. Bien qu’avec un Rotax 100cv (912-S ou 914 turbocompressé) , le rapport poids-puissance reste très élevé, l’hélice elle, brasse un air raréfié, la portance elle aussi diminue.

Par manque d’oxygène outre la diminution des facultés d’analyse, arriver en altitude sans accoutumance et dégager un avion «planté » dans la neige devient vite épuisant. (Les fumeurs s’essoufflent plus vite que les autres. .. !.)










Le glacier du Tour. Des atterrissages à 3500m. d’altitude.









Pilote italien sur le Dôme du Goûter Le glacier de St Sorlin, l’un des plus pratiqué en école









D ôme du Goûter, Massif du Mont Blanc 4300m, Le glacier de St Sorlin, massif de l’Etendard.Le plus haut glacier autorisé à l’atterrissage. Un panorama exceptionnel sur les Alpes et le Mt Blanc

Le sommet du Mont Blanc en arrière plan.  4807m

Aucune fiche ne décrit les glaciers. Les limites sont trop vastes pour être précisées.

Il appartient au pilote de choisir sa surface d’atterrissage en fonction de l’enneigement.






















Le glacier de la Barbaratte dans le massif de l’Etendard en hiver . Et en été (photo M.Caplain)

Durant l’été, la couche de neige superficielle fond, rendant tout atterrissage impossible. Outre les crevasses, de nombreux rochers de taille d’importance variable jonchent la surface qui est alors constituée de neige tassée très dure ou de glace vive.

La neige, représentée en vert, couvre la glace. Certaines crevasses sont ouvertes. Elles s’ouvrent le plus largement sur les cassures de terrain qui provoquent la rupture de la masse glaciaire.

Le glacier est comme un fleuve, presque figé, il s’écoule de quelques dizaines de mètres par an, à quelques centaines en fonction de la pente. Les cassures de terrain provoquent la rupture de la glace en crevasses multiples.

Quand la neige couvre la crevasse, (en vert sur le dessin), on dit qu’il s’agit d’un pont de neige, un pont qui peut être très fragile et céder au passage d’un alpiniste d’où la nécessité de marcher encordé. Mais cela ne s’improvise pas. Chacun doit assurer l’autre selon une méthode bien définie. Au cours d’exercices de sauvetage, il est démontré qu’il faut être au moins deux pour sortir d’une crevasse un homme pendu au bout de sa corde.

Crevasse ouverte et pont de neige

Lors de nos évolutions à pied autour de l’avion, nous devons faire particulièrement attention à ne pas aller sur les parties arrondies d’un glacier épousant la forme du terrain où se forment principalement les crevasses. En secteur plat ou en cuvette, le risque est bien moindre et en hiver, la couche de neige y est plus épaisse qu'au printemps.




















Dessin extrait du livre de Xavier Maniguet : la Montagne et vous. Glacier suspendu

Editions Albin Michel

L’été 2003 a été redoutable pour les glaciers qui ont beaucoup fondu. Les glaciologues estiment qu’il faudrait trois années de bon enneigement pour compenser cet perte. L’année 2002 , elle, avait été exceptionnelle. Les chute de neiges importantes ont permis de se poser sur les glaciers jusqu’à la fin du mois de juin. Certaines bonnes années, ce fut même jusqu’au mois de juillet.

Bruit des avions et risque d’avalanche : il faut être conscient que nos vols sont bruyants, certains avions le sont plus que d’autres. Nous émettons des vibrations qui, si nous volons trop proches des parois, peuvent provoquer des avalanches et mettre en danger la vie d’alpinistes dont nous n’avons pas forcément vu la présence. Météo-France donne régulièrement des alertes en période avalancheuse. Nous serons attentifs à nous éloigner du relief dans ces périodes à risque dont bien des randonneurs font fi, n’augmentons pas le danger pour eux.



Skyranger sur le glacier du Tour à 3500 m.

et dans le massif de l’Etendard, les Aiguilles d’Arves en arrière plan






Glacier de la Grande Motte près de Tignes.

Vaste surface d’atterrissage en limite du parc de la Vanoise

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